Une évolution majeure dans certains secteurs
À partir du 1er juin 2026, plusieurs secteurs belges appliqueront pour la première fois un nouveau mécanisme d’indexation salariale : l’indexation en centimes.
Jusqu’à présent, la plupart des indexations étaient calculées sous la forme d’un pourcentage appliqué au salaire brut. Désormais, dans certains secteurs, l’augmentation sera exprimée sous la forme d’un montant fixe en euros, identique pour tous les travailleurs d’une même catégorie.
Cette réforme vise principalement à renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs disposant des rémunérations les plus modestes.
Comment fonctionne l’indexation en centimes ?
Avec le système traditionnel, une indexation de 2 % produit une augmentation plus importante pour les salaires élevés que pour les salaires plus faibles.
Exemple :
- Salaire de 2.500 € : augmentation de 50 €
- Salaire de 5.000 € : augmentation de 100 €
Avec une indexation en centimes, chaque travailleur reçoit le même montant forfaitaire.
Exemple :
- Augmentation fixée à 70 €
- Le travailleur gagnant 2.500 € reçoit 70 €
- Le travailleur gagnant 5.000 € reçoit également 70 €
Le gain relatif est donc plus important pour les bas et moyens salaires. Le nouveau mécanisme d’indexation vise principalement les rémunérations les plus élevées. Les travailleurs dont le salaire brut mensuel ne dépasse pas 4.000 € continueront à bénéficier de l’indexation complète.
En revanche, pour les rémunérations supérieures à ce seuil, l’indexation sera partiellement limitée sur la tranche excédant 4.000 €.
Quels salaires sont pris en compte ?
Le seuil de 4.000 € s’apprécie sur base du salaire fixe à temps plein.
Ne sont notamment pas pris en compte :
- les bonus ;
- les primes ;
- les chèques-repas ;
- les voitures de société ;
- les autres avantages extralégaux.
Pour les travailleurs à temps partiel, le salaire est recalculé en équivalent temps plein afin de vérifier si le seuil est dépassé.
Quels secteurs sont concernés ?
Les premiers secteurs, concernés par cette nouvelle méthode d’indexation, doivent l’appliquer à partir du 1er juin 2026, selon les conventions collectives conclues au niveau sectoriel.
Les premiers secteurs touchés sont, notamment, l’industrie pétrolière, les entreprises de gaz et d’électricité, les cimenteries, la sidérurgie, les carrières de marbre, les briqueteries, la production cinématographique, les verreries, les salons de coiffure et d’esthétique, ainsi que le secteur de la distribution pharmaceutique.
Une deuxième vague, beaucoup plus importante, interviendra à partir du 1er juillet 2026, date à laquelle de nombreux autres secteurs appliqueront à leur tour ce nouveau système d’indexation salariale.
Tous les secteurs ne sont toutefois pas concernés. Certains continuent à appliquer une indexation en pourcentage tandis que d’autres adoptent un système mixte.
Les employeurs devront dès lors vérifier les règles prévues par leur commission paritaire afin de déterminer le mode de calcul applicable.
Quel impact pour les entreprises ?
Pour les employeurs, cette réforme implique :
- une attention particulière lors des calculs d’indexation ;
- une vérification des dispositions sectorielles applicables ;
- une adaptation éventuelle des outils de paie et des simulations budgétaires.
L’impact financier peut varier selon la structure salariale de l’entreprise. Les organisations comptant principalement des travailleurs à hauts revenus pourraient constater une hausse salariale globale moins importante qu’avec une indexation en pourcentage.