Le 1er juillet 2026 marque une nouvelle étape dans l’évolution du régime des flexi-jobs. Le dispositif devient de plus en plus attractif pour les employeurs et les travailleurs. Mais parallèlement, le débat s’intensifie sur ces conséquences économiques et sociales.
Ce qui change au 1er juillet 2026
La réforme élargit le recours à l’ensemble des secteurs privés et publics, tout en maintenant la possibilité pour certains secteurs de limiter ou d’exclure ce régime via un mécanisme d’« opt-out ».
Certaines exclusions continuent néanmoins à s’appliquer aux :
- Gens de maison (CP 323 – catégorie d’employeur 037)
- Entrepreneurs de pompes funèbres (CP 320 – catégorie d’employeur 320), à l’exception des ouvriers qui exercent des activités comme celles d’un travailleur occasionnel (et qui sont déclarées avec la notion ‘E’ dans la zone ‘Extra’ dans ‘Occupation – Informations’)
- CP 144 (agriculture – catégories d’employeur 193 et 293)
- CP 145 (horticulture), à l’exception de l’aménagement et/ou de l’entretien de parcs et jardins (SCP 145.04/145.440). Concrètement, ce sont les catégories d’employeur 194, 494 et 594 qui sont exclues
- CP 143 (pêche maritime), à l’exception du personnel à terre sous la catégorie d’employeur 019 et du personnel des entrepôts sous la catégorie d’employeur 086.
Les nouveaux optout complets ou partiels peuvent encore entrer en vigueur cette année. Dès 2027, les opt-outs et les éventuels opt-ins ultérieurs se feront sur une base annuelle, donc systématiquement avec une entrée en vigueur au 1er janvier.l
Plusieurs règles d’accès sont également assouplies. Les pensionnés peuvent désormais débuter une activité flexi-job dès leur entrée en pension, sans devoir attendre deux trimestres. Les travailleurs à temps plein peuvent maintenant exercer un flexi-job au sein d’une entreprise liée à leur employeur principal. La réforme offre davantage de souplesse aux travailleurs intérimaire, qui pourront être engagés comme flexi-jobbers auprès du même employeur au cours d’un même trimestre, pour autant que les deux formes d’occupation ne se chevauchent pas.
La réforme modifie également les règles relatives au flexi-salaire. Le plafond est désormais fixé à 150 % du salaire minimum de base, tandis qu’un plafond de 21€ maximum par heure est prévu dans l’Horeca. Par ailleurs, le montant annuel des rémunérations fiscalement exonérées a été relevé de 12.000 à 18.000 euros.
Pourquoi les flexis séduisent-ils autant ?
Le succès des flexi-jobs repose principalement sur la souplesse qu’ils offrent aux employeurs et aux travailleurs.
Pour les entreprises, ce régime permet de répondre rapidement à des besoins temporaires de main-d’œuvre, notamment lors de pics d’activité, de périodes de congés ou d’absences imprévues. Les formalités administratives restent relativement simples et le coût salarial demeure limité grâce au régime social et fiscal spécifique.
Pour les travailleurs, les flexi-jobs constituent une possibilité d’exercer une activité complémentaire tout en bénéficiant d’un traitement fiscal avantageux. Le dispositif est également apprécié pour sa flexibilité, tant par les travailleurs actifs que par les pensionnés.
Le revers de la médaille : critiques grandissantes
L’extension progressive des flexi-jobs s’accompagne néanmoins d’interrogations quant à ses effets sur le marché du travail et sur le financement de la sécurité sociale.
Certains analystes s’interrogent sur l’existence d’un éventuel effet de substitution entre les flexi-jobs et l’emploi ordinaire. Une étude récente de l’Institut Athéna, fondée sur des données de l’ONSS relatives au commerce alimentaire (CP 119), relève qu’environ 3,4 millions d’heures de travail ordinaire ont disparu dans ce secteur depuis l’ouverture des flexi-jobs, tandis que près de 3 millions d’heures ont été prestées sous ce régime. L’étude précise toutefois que ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un lien de causalité entre les deux phénomènes.
La question de l’impact budgétaire fait également l’objet de discussions. Le régime des flexi-jobs bénéficie en effet d’un traitement social et fiscal distinct de celui applicable à l’emploi ordinaire. Certains observateurs considèrent qu’une extension importante du dispositif pourrait entraîner des répercussions sur les recettes de la sécurité sociale et des finances publiques. D’autres soulignent au contraire que les flexi-jobs répondent à des besoins de flexibilité qui ne seraient pas toujours couverts par des formes d’emploi classiques.
À ce stade, la réforme poursuit un objectif clair : offrir davantage de flexibilité aux employeurs et accroître les possibilités d’emploi complémentaire. Les prochains mois permettront d’évaluer plus précisément les effets de cet élargissement sur l’organisation du travail, l’emploi ordinaire et le financement du système de protection sociale.