Comment permettre à vos collaborateurs de bénéficier jusqu’à quatre semaines de congés ?
Le droit aux vacances annuelles repose sur les prestations effectuées au cours de l’année civile précédente. Cette règle peut toutefois pénaliser certains travailleurs qui débutent ou reprennent une activité professionnelle et qui ne disposent pas encore d’un nombre suffisant de jours de vacances légales.
Pour remédier à cette situation, le législateur a instauré le système des vacances européennes, également appelées vacances supplémentaires, permettant à certains travailleurs de bénéficier plus rapidement de jours de congé rémunérés.
Qui peut bénéficier des vacances européennes ?
Les vacances européennes visent principalement les travailleurs qui ne peuvent prétendre à un droit complet aux vacances légales (4 semaines) en raison de leur situation professionnelle récente.
Sont notamment concernés :
- les jeunes diplômés qui occupent leur premier emploi ;
- les personnes qui reprennent le travail après une période de chômage ;
- les travailleurs revenant d’une incapacité de travail de longue durée ;
- les personnes qui reprennent une activité après un crédit-temps, un congé parental ou un congé sans solde
- les indépendants qui deviennent salariés ;
- les agents du secteur public qui rejoignent le secteur privé ;
- les travailleurs à temps partiel qui passent à temps plein ou qui augmentent leur temps de travail d’au moins 20 %.
Quelles sont les conditions à remplir ?
Pour bénéficier des vacances supplémentaires, trois conditions doivent être réunies :
1. Débuter ou reprendre une activité salariée
Le travailleur doit se trouver dans une situation de début ou de reprise d’activité.
2. Avoir accompli une période d’amorçage de trois mois
Le travailleur doit avoir presté au moins trois mois de travail effectif ou de périodes assimilées au cours de la même année civile.
Cette période peut être réalisée auprès d’un ou plusieurs employeurs et ne doit pas nécessairement être ininterrompue.
3. Avoir épuisé ses vacances légales
Les jours de vacances européennes ne peuvent être pris qu’après utilisation des jours de vacances légales.
Par ailleurs, les vacances européennes ne sont pas cumulables avec les régimes des vacances jeunes ou des vacances seniors. Lorsque plusieurs régimes sont possibles, une analyse préalable est recommandée afin de choisir la formule la plus avantageuse.
Combien de jours de vacances supplémentaires peuvent être accordés ?
Le droit aux vacances européennes se construit progressivement sur base des prestations effectuées pendant l’année en cours.
Après une première période d’occupation de trois mois, le collaborateur acquiert :
- 5 jours de vacances supplémentaires dans un régime de travail de cinq jours par semaine ;
- 6 jours dans un régime de six jours par semaine.
Par la suite, le nombre de jours de vacances supplémentaires augmente proportionnellement aux prestations réalisées.
Après cette période d’amorçage, le travailleur a droit à deux jours supplémentaires par mois de prestations effectué s’il travaille six jours par semaine. S’il travaille moins, il a droit à un certain nombre de jours de vacances proportionnel à son régime de travail (1,6 jours par mois s’il travaille 5 jours par semaine).
L’objectif est de permettre au travailleur d’atteindre progressivement l’équivalent de quatre semaines de congés sur l’année.
Comment ces jours sont-ils rémunérés ?
Pendant les vacances européennes, le travailleur perçoit une rémunération correspondant à sa rémunération normale.
Il convient toutefois d’être attentif à un élément essentiel : le pécule de vacances versé pour ces jours de congé constitue en réalité une avance sur le double pécule de vacances de l’année prochaine.
Autrement dit, le travailleur finance lui-même ces jours de vacances par anticipation.
Cette avance sera récupérée ultérieurement :
lors du paiement du double pécule de vacances de l’année suivante ;
ou, dans certaines situations, lors de la sortie de service ou en cas de réduction du temps de travail.
Qui paie le pécule des vacances européennes ?
Le paiement varie selon le statut du travailleur :
Employés
L’employeur verse le pécule correspondant aux jours de vacances supplémentaires au moment où ceux-ci sont pris.
Ouvriers
Le paiement est effectué par la caisse de vacances compétente, généralement au moment de la prise des congés ou peu après.
Les vacances européennes sont-elles obligatoires ?
Non.
Contrairement aux vacances légales, les vacances européennes constituent un droit et non une obligation.
Le travailleur peut donc décider de ne pas les utiliser afin d’éviter l’impact financier lié à la récupération du pécule l’année suivante.
Exemple :
Exemple 1 : premier emploi avec peu de droits aux vacances légales
Sophie débute son premier emploi à temps plein (5 jours/semaine) le 1er novembre 2025. En 2026, elle dispose uniquement de 4 jours de vacances légales, acquis sur la base de ses deux mois de prestations en 2025.
Après avoir travaillé trois mois en 2026, elle ouvre le droit à 5 jours de vacances européennes. Comme elle doit d’abord utiliser ses 4 jours de vacances légales, il lui reste 1 jour de vacances européennes disponible à ce moment-là.
Exemple 2 : reprise d’activité après une période de chômage
Marc reprend un emploi à temps plein le 1er janvier 2026 après une longue période de chômage. N’ayant pas travaillé comme salarié en 2025, il ne dispose d’aucun jour de vacances légales en 2026.
À l’issue de sa période d’amorçage de trois mois, il acquiert une première semaine de 5 jours de vacances européennes. Son droit se constituera ensuite progressivement au fil des prestations effectuées durant l’année.
Notre conseil
Les vacances européennes constituent un outil intéressant pour offrir davantage de souplesse aux travailleurs qui débutent ou reprennent une activité. Toutefois, le mécanisme étant financé par une avance sur le pécule futur, il convient d’en mesurer l’impact financier.
Avant d’opter pour ce système, il est opportun de vérifier si le collaborateur ne pourrait pas bénéficier des vacances jeunes ou des vacances seniors, souvent plus avantageuses puisque financées par une allocation de l’ONEM sans récupération ultérieure sur le pécule de vacances.